Benjii
Chapitre 1
L'héritier
Il le savait. Chapitre 1
L'héritier
Peut-être ne voyait-il rien, peut-être que tout était noir, mais il le savait.
Il savait que le moment était venu pour lui de sortir, d'éclore. Il n'avait aucune idée de ce qu'il était. Aucune conscience, mais son instinct le guidait.
Il poussa alors vers le haut. De toutes ces forces, il leva les bras et poussait.
Il se sentait faiblir, mais il devait pousser. Sinon il mourait. Il se sentait étouffé.
La conscience s'emparait de lui.
Puis, un crac sonore résonna à ses oreilles.
Un son.
Une lumière.
Il l'avait fissuré.
Il poussa encore. Plus fort. Puis, ce qui s'en suit se produisit si vite qu'il ne su comprendre que le quart des événements.
La coquille glissa sur le côté et un immense jet de lumière vint s'incruster dans ces yeux et le rendit aveugle. Il ferma les yeux et tomba à la renverse. Il entraîna avec lui son berceau qui se fracassa sur le sol. Puis, une vibration se fit sentir. Il resta étendu, silencieux. La vibration s'approchait puis elle se changea en un courant d'air.
Une main.
Se posant sur sa tête.
Chaude et enveloppante, il garda ces yeux fermés et ce laissa guidé par l'étrange sensation de sécurité.
Elle l'enveloppa de son point et le souleva pour le blottir. Il sentait son c½ur battre, la sensation chaude de la circulation de son sang se répandant en pulsation dans les veines de sa vie. Il sentit son propre c½ur battre au même rythme que cette sécurité. Puis, un léger tintement lui parvint aux oreilles.
Une chanson familière, comme s'il y avait rêvé toute son avant- vie durant.
Il se laissa bercer par le ricanement lointain et s'endormit. Dans sa tête, pourtant, continuait de grandir cette curiosité enivrante qui le tentait à ouvrir ne serait-ce qu'un seul ½il, simplement pour pouvoir apercevoir enfin cet ami qui l'aiderait à grandir.
Cet ami qui l'aiderait à mourir.
Un ½il, immense comme sa curiosité et profond comme l'abysse. Aveuglé, s'habituant légèrement, une silhouette se laissa paraître enfin, perchée sur lui, l'enveloppant, le protégeant.
Deux yeux verts, vieillis par la vie, l'observant avec émerveillement. Puis, une deuxième paire d'yeux, aussi éclatant que les premiers.
Puis, la fatigue, le sommeil.
Le noir, le silence.
Bercé par le labeur passé et le repos.
